La compagnie

 

Ma démarche artistique commence par la reconnaissance de mon ignorance et de mon impuissance, non pas comme un fait réducteur mais comme une révélation libératrice, qui donne accès à tous les possibles. Libérée de l’objectif du contrôle et de la réussite, je cultive la fascination du vivant, de ce qui m’émeut.

J’aime ne pas vouloir tout expliquer, ne pas pouvoir tout expliquer. Observer les corps en mouvement comme on observerait la nature changeante, insaisissable. Observer les artistes et tenter de comprendre l’essentiel de leur virtuosité corporelle, mais aussi de leur humanité dans ce qu’elle a à la fois d’unique et d’universelle. Une sorte de concentré d’humanité.

Je suis fascinée par l’incroyable capacité qu’ont les corps à se métamorphoser, passer d’un état organique à un corps social. En créant des situations où le mouvement, le son, la scénographie s’harmonisent, j’invite les spectateurs à un voyage dans leur inconscient, parlant directement à leur corps plutôt qu’à leur tête.

Je veux oser l’optimisme, trouver l’espoir dans le chaos. Chercher la beauté même quand tout semble désespéré. Revendiquer la beauté comme un geste de résistance.

Je ne me sens jamais aussi vivante que quand je me sens fragile, mortelle. C’est pour cette raison que le cirque a une place essentielle dans ma vie et mes créations.

La base de l’entraînement d’un acrobate est d’apprivoiser la peur, de s’approcher le plus possible de cette frontière ténue entre la vie et la mort. Se tenir au bord du gouffre, se suspendre dans le vide, con er sa vie à quelqu’un. À cet endroit de la vie on ne peut pas tricher. Une vibration particulière se dégage, laissant surgir une beauté brute, primale, fondatrice, qui réveille quelque chose d’enfoui en chacun de nous.



Fanny Soriano

La compagnie Libertivore a été créée en 2005 par Fanny Soriano (danseuse, acrobate aérienne) et Jules Beckman (musicien, performeur multidisciplinaire). Ensemble, ils créent le spectacle Libertivore (lauréat Jeunes Talents Cirque 2007). Par la suite, Jules Beckman fonde la compagnie Transminuko et Fanny Soriano prend les rênes de Libertivore.

En 2012, alors que Fanny Soriano est en création de deux soli – Hêtre et Fractales –, des problèmes de santé l’obligent à arrêter son travail de danseuse acrobate aérienne. En 2014, la décision est prise de déplacer son travail de l’autre côté de la piste/ scène.

En 2015, elle adapte et transmet le solo Hêtre, forme courte pour une danseuse aérienne et une branche en suspension. Ce spectacle est joué pour la première fois dans le cadre de la Première Biennale internationale du cirque à Marseille et rencontre un vif succès.

A partir de septembre 2015 et pour trois saisons, Fanny Soriano intègre « La Ruche » au Zef-Scène nationale de Marseille, cellule d’accompagnement de compagnies émergentes de la région Sud.


 

En 2017 elle crée la pièce Phasmes, duo de danse/portés main-à-main pour la salle et l’espace public, pensée comme le deuxième volet d’un diptyque avec la pièce Hêtre.

Phasmes est jouée pour la première fois au Zef-Scène nationale de Marseille dans le cadre de la Deuxième Biennale internationale des arts du cirque à Marseille. Cette pièce permet à la compagnie d’acquérir une reconnaissance artistique en France et à l’international.

En 2017, naît également Silva d’une commande de La Passerelle-Scène nationale de Gap et des Alpes du Sud, dans le cadre de son événement « Curieux de nature ».
Projet pour l’espace public à géométrie variable, cette création in situ utilise les matériaux chorégraphiques des pièces du répertoire.

En 2018, la création de Fractales reprend. Le solo initialement imaginé devient une pièce pour cinq acrobates-danseurs. Dans ce troisième volet du travail de recherche autour de l’homme et de la nature, Fanny Soriano sonde la place de l’humain au sein d’un paysage en constante transformation. Entourée d’une équipe fidèle, la compagnie joue une nouvelle fois les premières au Zef-Scène nationale de Marseille en janvier 2019, dans le cadre de la Troisième Biennale internationale des arts du cirque.

Depuis 2017, de nombreuses actions culturelles ont été menées en France et à l’étranger autour des créations et plus généralement de l’univers artistique de la compagnie.
Elle démarre aujourd’hui la création (prévue en 2021) du spectacle Éther, premier volet d’un nouveau triptyque autour des relations humaines.


Depuis septembre 2018 et jusqu’à la fin de la saison 2020-2021, Fanny Soriano est artiste associée aux Théâtres en Dracénie-Scène conventionnée d’intérêt national art et création-danse, Draguignan.


La compagnie sera également artiste associée « de saison » au Théâtre de la Cité Internationale à Paris en 2020-2021.

© Photo : Ian Granjean